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A bout portant, l'histoire d'un pistolet français

Nous vous présentons ce pistolet d'arçon à silex, modèle An 13, fabriqué à la Manufacture Impériale de Saint-Etienne en 1813. L’an 13 du calendrier révolutionnaire représente les années 1804-1805, au tout début du Premier Empire. Le pistolet d'arçon est une arme à feu, de poing à l'usage des cavaliers au 19e siècle. Son nom vient du fait qu'il était rangé dans un support fixé à l'arçon de la selle et non sur le cavalier lui-même.

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Pistolet visible en salle 13 du musée
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Inscription « B 1813 »


Cet objet a été donné au musée de Châteauponsac par M. André PAILLER en 1953. Il est en acier, en bois et en laiton. Il mesure 36.5 cm de long. Le pistolet a plusieurs inscriptions visibles : sur le canon, « B 1813 » (n° de série) et sur la crosse, « P.C 1813 ».

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Inscription « P.C 1813 »
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Inscription « F. TERRASSON ».






Une autre inscription peu lisible pourrait indiquer le propriétaire du pistolet,
un certain « F. TERRASSON ». Dans son état actuel, il lui manque le chien
(la pièce mécanique qui mettait le feu à la poudre) et une batterie est brisée. L’objet est exposé en salle 13 si vous voulez le visiter !

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Parlons un peu de l’histoire de cette arme maintenant. Ce genre de pistolet était utilisé tout au long des guerres napoléoniennes jusqu’en 1815 : 300 000 pistolets furent fabriqués par les manufactures françaises sous le Premier Empire. Même plus tard, il a été utilisé jusqu’en 1870 lors de la guerre franco-allemande. Entre sa création en 1804/1805 et 1870, il a connu de multiples évolutions, notamment à partir de 1820 où il a été doté d’une platine à percussion qui était plus efficace et plus fiable que la platine à silex utilisée entre 1806 et 1820.

Qui portait cette arme et comment était-elle utilisée ? Ce modèle en particulier était destiné à la cavalerie montée de l’armée impériale. Chaque cavalier avait une paire de pistolets. C’était avant tout une arme de défense et d’harcèlement, complémentaire du sabre qui restait l’arme préférée du cavalier au début du 19e siècle. Les pistolets étaient plutôt utilisés lors du combat rapproché avec l’ennemi, car peu efficaces et peu précis à longue distance. Les pistolets d’arçon avaient un système d’alimentation, qui était géré manuellement par le cavalier avec une charge de poudre, encartouchée avec une balle en plomb. Puis, il suffisait d’appuyer sur la gâchette pour tirer.

La fabrication d’armes de guerre à Saint-Etienne peut être observée depuis la fin du 13e siècle lorsque les ateliers produisaient des lances, des hallebardes et des arbalètes. Au début du 16e siècle, notamment sous le règne de Francois Ier (1515-1547), la fabrication d’armes à Saint-Etienne reçoit plus d’investissement, accroissant le nombre d’ateliers.

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Inscription « Manuf[acture] Imp[ériale] de S[aint]-Etienne »

Au 18e siècle, la ville devient un centre important dans le développement des armes. En 1764, neuf manufacturiers se regroupent et créent la Manufacture Royale des armes qui détient le monopole de la fourniture des armes pour le roi. Cette manufacture change de nom sous l’Empire et devient la Manufacture Impériale des armes.

Il faut comprendre que, sous l’Empire, ce n’était pas qu’une seule usine mais un réseau de petits ateliers, gérés par des artisans dans certaines zones de la ville. Ce n’est qu’à partir de 1864 qu’un bâtiment est construit et consacré à la Manufacture Nationale des armes.