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A la nouvelle année, santé !
Zoom sur une céramique gallo-romaine


Le premier objet du nouveau logo du musée vous dévoile ses secrets…

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Lagène visible salle 5 du musée

Cette cruche a été découverte en 1961 à La Bussière-Étable, lieu-dit de la commune de Châteauponsac. Ce lieu chargé d’histoire, proche de la Gartempe et bordé au nord par une voie antique (presque sur le même tracé que l’actuelle D711), a été mis en lumière par la société d’histoire et d’archéologie « Notre Terroir », ancêtre de l’association des Amis du musée Baubérot. En 1946, la sépulture d’un notable gallo-romain y avait déjà été découverte. C’est donc quelques années plus tard, qu’une exploration du site a permis de découvrir une villa ou propriété terrienne, gallo-romaine, à 300 mètres au sud de la sépulture. Il ne s’agissait pas de fouilles complètes, mais uniquement de dix-neuf sondages de zones qui avaient été déterminées à cette époque comme intéressantes à exploiter.

Les archéologues amateurs ont pu étudier l’agencement de l’habitation et trouver de nombreux objets illustrant la vie quotidienne des Gallo-Romains, comme cette cruche fragmentaire et reconstituée, aussi appelée lagène. Ce terme vient du latin lagoena ou lagona qui signifie « bouteille », « cruche » ou « flacon ». C’est un vase à vin, antique, en forme de poire.

Ce vase en céramique beige de 23 cm de hauteur et de 19 cm de diamètre, est intéressant grâce à un champ épigraphique réalisé à la main et après fabrication. Il y apparaît des écritures, très belle pour l’époque, sur la panse de la cruche qui daterait de la deuxième moitié du 1er siècle de notre ère.

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Zoom sur l'inscription "Atarillus"

Nous pouvons remarquer deux inscriptions latines, « ATARILLVS » (Atarillus) qui correspond à un nom gaulois romanisé et « [A]TARILLI LAGONA » (Atarilli lagona) qui peut se traduire par « la lagène d’Atarillus ». Il s’agit donc d’un graffito (graffiti) de propriété. Atarillus était donc le bon buveur qui a décidé de graver son nom sur le vase pour marquer sa propriété. Cette pratique était assez courante durant l’Antiquité. L’inscription fait le tour de l’objet sur la partie la plus bombée, qui offrait le plus de place pour l’écriture.

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Zoom sur l'inscription "Lagona"

La calligraphie transmet une connaissance et une pratique courante de l’écriture, même si celle-ci reste particulière et un peu irrégulière. Par exemple, « lagona » apparaît avec un petit O de 1 cm environ alors que le A final fait presque 4 cm. On peut également remarquer que le S d’« Atarillus », constitué de deux lignes parallèles (par souci de style), fait 7 cm de haut alors que le reste des lettres du même mot font en moyenne 1,5 cm. De plus, le premier A de « Atarilli lagona » a été représenté comme un K.

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Zoom sur l'insciprtion "Atarilli" repassé numériquement
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Zoom sur l'insciprtion "Lagona" repassé numériquement
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Zoom sur l'insciprtion "Atarillus" repassé numériquement